fbpx

Véloma : la transition énergétique et imaginaire en roue libre

par | 4 octobre 2022

Véloma mobilité low-tech

Vélo bibliothèque, vélo four à pain, vélo tracteur… il y a de quoi en perdre les pédales. Installée au tiers-lieu La Gob à Bressuire (79), l’association Véloma imagine et fabrique toutes sortes de vélos, machines à pédales et moutons à cinq roues, afin de tendre vers l’autonomie énergétique de façon créative. Pour une mobilité douce et joyeuse, et l’exploration d’alternatives dans le champ de la vélo-logistique. Photo-reportage.


Transition énergétique et émancipation du capitalisme

Véloma mobilité low-tech - l'atelier de la Gob à Bressuire (79)

Installée à La Gob à Bressuire dans les Deux-Sèvres, Véloma est née dans un tiers-lieu à Pantin (93), la Halle Papin, « friche industrielle où des ateliers étaient disponibles et où la fabrication de vélos a pu commencer assez simplement » raconte Adrien, co-fondateur. À l’origine de l’association il y avait le désir d’autonomie et d’émancipation du capitalisme, l’envie « aussi de se marrer dans la vie, parce que c’est marrant de créer des vélos, de détourner des sens et des contre-sens. » Pourquoi le vélo comme outil d’émancipation ? « C’est un moyen de déplacement efficace, d’une grande longévité, facilement réparable et recyclable, améliorable, esthétique et léger. Il a tout pour lui. »

Construire ses propres objets, en dehors de toute logique industrielle, c’est retrouver le sens des objets qu’on conçoit, qu’on fabrique et qu’on utilise dans une portée locale. Et c’est renouer avec les savoirs vernaculaires de la main qui arrive à se lier avec l’esprit.

Adrien

Machines à pédales, champ créatif et basse-technologie

Vélo-sono, triporteur, biporteur pouvant évoluer en tandem, tricycle transformé en bibliothèque ambulante avec hamacs, vélo-scène permettant d’emporter un plateau de 4m² pour des concerts en itinérance… le champ d’exploration de la vélo-logistique n’a pour limite que celle de la créativité. Véloma a également inventé le grand vélo, « pour renouveler et choquer l’imaginaire des gens, précise Michel, co-fondateur. On se retrouve au-dessus des voitures, donc le rapport de force est inversé. On voit mieux et on est mieux vus. » L’association crée parallèlement des objets statiques : par exemple des vélos pour moudre du grain, pour faire des jus de fruit ou pour recharger des téléphones portables. Un leitmotiv : « lier à la transition énergétique la transition imaginaire”.

Transmission de savoir et source libre

« On croit beaucoup au partage des connaissances » souligne Michel. Et c’est dans cet esprit que Véloma diffuse en source libre sur internet, par open hardware, les plans de fabrication d’une charrette à trois roues auto-tractante et auto-freinante. « C’est le projet le plus significatif de l’association en ce moment. » Toujours avec cette idée de partage de connaissances, Adrien et Michel ouvrent leur atelier pour un temps d’auto-réparation de vélo à La Gob le jeudi soir de 16h à 20h.

Un atelier ouvert aux projets

Cet été, Ayako est venue de Bretagne pour la construction d’une remorque-cuisine en inox. « Je veux cuisiner dans la rue et comme je n’ai pas de local, j’ai besoin de transporter toute la nourriture dans des boîtes Isotherm pour conserver à température. La partie haute de la remorque est démontable ; j’ai installé un évier et un robinet, je peux mettre une bouteille de gaz. C’est plus que parfait !« 


Photo-reportage : Hildegard Leloué

Vous aimerez aussi

Partagez cet article en un clic

Vous êtes sensible à notre ligne éditoriale ? 

Soutenez un média indépendant qui propose en accès libre tous ses articles et podcasts. Si nous avons fait le choix de la gratuité, c’est pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès à des contenus d’information sur la transition écologique et sociale, défi majeur de notre époque. Nous avons par ailleurs décidé de ne pas avoir recours à la publicité sur notre site, pour défendre un journalisme à l’écoute de la société et non des annonceurs. 

Cependant, produire des contenus d’information de qualité a un coût, essentiellement pour payer les journalistes et photographes qui réalisent les reportages. Et nous tenons à les rémunérer correctement, afin de faire vivre au sein de notre média les valeurs que nous prônons dans nos articles. 

Alors votre contribution en tant que lecteur est essentielle, qu’elle soit petite ou grande, régulière ou ponctuelle. Elle nous permettra de continuer à proposer chaque semaine des reportages qui replacent l’humain et la planète au cœur des priorités. 

Abonnez-vous gratuitement à notre lettre d’information

pour recevoir une fois par mois les actualités de la transition écologique et sociale

Aller au contenu principal