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VeganbottleGO : la double vertu de la gourde charentaise

par | 7 février 2019

veganbottle bouteille canne à sucre


L’entreprise Lyspackaging à Chaniers (17) continue de développer sa gamme de bouteilles en plastique biosourcé, autrement dit sans pétrole et 100% biodégradable. Après avoir vendu plus de 2 millions de Veganbottle, elle lance actuellement la commercialisation d’une gourde en plastique végétal et compostable. C’est la VeganbottleGO. Un nouveau produit pour combattre la pollution liée au plastique pétrochimique et limiter la production de déchets.


Du plastique 100% végétal et biodégradable


La VegantbottleGO, une gourde en plastique 100% végétal et biodégradable

Nicolas Moufflet, fondateur de Lyspackaging, a développé une recette unique et secrète de bioplastique à partir de bagasse de canne à sucre, le résidu fibreux qu’il reste après broyage de la plante. “Je voulais utiliser uniquement des déchets de production, et la canne à sucre a trois caractéristiques techniques idéales : elle est résistante, elle ne contient pas de perturbateur endocrinien, elle est compostable et biodégradable”. C’est avec ce matériau biosourcé que Lyspackaging produit depuis 2017 ses Veganbottle, des bouteilles en plastique sans pétrole conçues sur mesure pour contenir des liquides, solides, produits alimentaires et cosmétiques. C’est aussi cette bagasse de canne à sucre qui constitue la matière première de ses gourdes de 50 cl VeganbottleGO, dernier produit sorti du pôle recherche et développement de l’entreprise. “Elle est fabriquée dans un plastique plus solide pour augmenter sa durée de vie, explique Nicolas Moufflet. Cette gourde peut durer plusieurs années si elle est bien entretenue, autrement dit si elle n’est pas soumise à une chaleur excédant 50°C, si elle n’est pas passée au lave-vaisselle, ni au micro-ondes, et si elle est correctement séchée après utilisation.” Lyspackaging prévoit d’en commercialiser 500 000 en 2019. La VeganbottleGO a une double vertu : comme toutes les gourdes elle évite d’avoir à acheter sans cesse des bouteilles en plastique à usage unique, un intérêt écologique quand on sait qu’en France 25 millions de bouteilles d’eau sont jetées chaque jour, et que la moitié seulement est recyclée. Mais en plus, en fin de vie elle n’est pas toxique pour l’environnement. Le bouchon de la gourde est quant à lui en plastique végétal conçu à partir de lin, également biodégradable et compostable. Car Nicolas Moufflet n’innove pas qu’avec la canne à sucre. Pour modifier l’aspect visuel des Veganbottle par exemple, et répondre ainsi aux attentes marketing d’un client, il peut ajouter à la recette initiale des résidus naturels comme des coquillages, céréales, noyaux d’olive ou pépins de raisin.

Innovation verte et développement économique

Selon Coordination Eau Ile-de-France, 25 millions de bouteilles d’eau à usage unique sont jetées chaque jour en France, et seulement la moitié est recyclée

Lorsque Nicolas Moufflet crée Lyspackaging en 2015, il a déjà derrière lui plus de 15 ans d’expérience dans l’industrie du flaconnage plastique. “Rapidement, en voyant l’ampleur de la production et des déchets générés dans le monde, j’ai commencé à réfléchir à des alternatives au plastique pétrosourcé. Beaucoup utilisent l’amidon de maïs, mais j’y vois trois problèmes : le maïs est un aliment de base, il contient souvent des OGM, et sa culture est gourmande en eau. J’ai vu dans la canne à sucre une ressource intéressante et suffisante.” Les deux premières années, l’entreprise a produit uniquement des bouteilles et flacons en plastique PET (polyéthylène téréphtalate) classique, un choix stratégique pour lui permettre d’amorcer un chiffre d’affaires et développer parallèlement la recherche dans le plastique biosourcé. En 2017 le plastique végétal représentait entre 30 et 40% du chiffre d’affaires de l’entreprise, il représente aujourd’hui 80%. “Le volume de production en PET est resté identique depuis 2015, mais l’ascension du plastique végétal a été fulgurante”. Pour la Veganbottle, le produit phare, Lyspackaging compte une cinquantaine de clients, dans l’industrie agroalimentaire essentiellement, sur des marchés innovants, bio, vegan…“C’est encore une niche, comme le bio il y a quelques années, mais tout converge pour que ça explose. Malheureusement ce développement est freiné car le business du recyclage du plastique est très important. Il est indispensable que nous, industries innovantes dans le domaine du plastique végétal, nous regroupions en cluster pour avoir plus de poids”. Autre frein selon Nicolas Moufflet, le système de valorisation des biodéchets en France, avec un traitement des déchets plus tourné vers le recyclage que vers le compostage. “Les bioplastiques sont plus taxés que les plastiques pétrochimiques, ce qui est aberrant. Dans certains pays comme l’Italie ou l’Autriche, les collectivités ont compris l’utilité d’organiser le compostage particulier et industriel. En France ce sont des initiatives citoyennes et associatives qui se chargent de l’organiser, d’où parfois le manque de coordination et la lenteur.” Mais pas de quoi arrêter Lyspackaging. Nicolas Moufflet prévoit de sortir un nouveau produit tous les ans, pots pour les cosmétiques, biberons… Dernièrement il a lancé une bouteille d’eau de 50 cl, la Veganbottle Water. Le contenu est une eau de source de Belgique, “nous n’avons pas réussi à trouver de partenariat en France.” Pour le chef d’entreprise il n’y a pas de paradoxe à commercialiser des bouteilles certes végétales, mais à usage unique, à l’heure où l’on se projette plutôt vers la fin du “tout jetable” : ces bouteilles d’eau sont principalement destinées à des manifestations sportives, festivals, salons professionnels, et autres événements où il est nécessaire de pouvoir mettre à disposition du public de l’eau dans des contenants individuels.

La seconde vie de la VeganbottleGO

Une fois en fin de vie, la gourde VeganbottleGO peut partir au compost, idéalement dans un composteur industriel qui offre les meilleures conditions de dégradation. Elle peut être mise dans un composteur individuel mais la dégradation prendra plus de temps puisqu’une température de 50 °C est nécessaire, ainsi qu’un certain degré d’humidité. Si les bouteilles et gourdes végétales sont mises dans les sacs ou bacs de recyclage, il faut savoir que peu de centres de tri sont équipés pour les traiter correctement. Elles sont alors soit incinérées, auquel cas elles émettent quatre fois moins de CO2 qu’une bouteille classique, soit enfouies, et finissent par se biodégrader.

Les gourdes VeganbottleGO sont actuellement en pré-commande ici


Rédaction : Hélène Bannier
Photo : Tongeron (CC BY-SA 2.0) / Alain Bachellier (CC BY-NC-SA 2.0)

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