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La Motte Aubert, un camping écologique dans un écohameau atypique

par | 13 juillet 2020


Insoupçonnable. Dans le lieu-dit La Motte Aubert à Saint-Saturnin-du-Bois (17), entre La Rochelle et le Marais Poitevin, se déroule sur plus de 15 hectares un site aux allures de écohameau avec camping écologique, gîte, maraîcher bio, éleveur de poules, école Montessori, salle de spectacle… Une dynamique qui s’enrichit actuellement d’un projet de tiers-lieu, porté par l’association A la motte. Ou comment on repeuple et fait revivre un coin de campagne par des valeurs sociales, écoresponsables, et de l’activité économique.


Faire revivre la campagne

La Motte Aubert telle qu’on la connaît aujourd’hui, c’est au départ l’histoire d’une aventure à deux. Celle de Jean-Louis et Anita Vacher, de passage en vacances dans ce secteur de Charente-Maritime au milieu des années 1990, alors qu’ils habitaient en région parisienne. A l’époque, plus personne ne vit dans ce lieu-dit, loin du monde et loin du bruit, si ce n’est un homme seul dans son immense logis avec ses 20 vaches, au milieu de 60 hectares de terre. Or celui-ci cherche à vendre. Pour le couple c’est le coup de cœur et Jean-Louis, architecte, voit tout de suite le potentiel du site. Ils achètent le bâti (1000 m² au sol) et 15 hectares de terre, puis s’y installent avec leurs enfants pour développer un projet qui réponde à leurs valeurs et à leurs envies.Nous souhaitions changer de vie, acheter quelque chose d’assez grand avec l’idée de créer un projet autour de l’intergénérationnel, se souvient Jean-Louis. C’était aussi le défi de faire revivre la campagne.”

Jean-Louis Vacher, dans le jardin partagé de La Motte Aubert

Une empreinte écologique forte

Dès son origine, le projet de développement du site est marqué d’une empreinte écologique forte. Fini le maïs à perte de vue, on y plante de la biodiversité. Et progressivement la famille Vacher réhabilite les anciennes étables, écuries et granges pour en faire quatre gîtes dont les revenus de la location permettent d’avancer petit à petit les travaux. « Les personnes qui venaient en vacances dans les gîtes demandaient régulièrement s’ils ne pouvaient pas planter une ou deux tentes en plus, explique Jean-Louis Vacher. C’est comme ça qu’on en est venus à créer l’éco-camping.” Celui-ci compte aujourd’hui six emplacements spacieux, une roulotte, deux yourtes, trois tentes Inuit, des toilettes sèches pour compléter les sanitaires traditionnels, des douches chauffées grâce à des capteurs solaires. Et bien sûr la piscine naturelle de 350 m² que l’on rejoint par un sentier longeant un jardin partagé en permaculture, créé par les habitants de la Motte Aubert. Ils sont une vingtaine à y vivre aujourd’hui, cherchant à tendre vers une certaine autonomie alimentaire. Vers une certaine autonomie énergétique aussi. Désormais c’est Thibault (l’un des quatre enfants de Jean-Louis et Anita) et sa compagne Solène qui s’occupent de la partie touristique, camping et gîte. L’une des filles de la famille et son conjoint se sont aussi installés à la Motte Aubert et ont créé sur trois hectares un élevage de poules pondeuses et de poules de chair bio, Cocottes et Griottes.

Une histoire de rencontres

La diversification des activités à la Motte Aubert, c’est avant tout une histoire de rencontres, qui ont notamment abouti à l’installation d’un maraîcher bio sur le site. Nous sommes en 2010 et à l’occasion d’une réunion inter-Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), Jean-Louis et Anita échangent avec de jeunes producteurs à la recherche de terres pour s’installer. Le couple décide de passer par l’association Terre de liens pour mettre 5 hectares à disposition, pour un loyer de 500 euros par an. Depuis lors, Dominique Mallet (L’Accueillette du Mignon) y cultive une soixantaine de variétés de légumes et du safran biologique qu’il vend, entre autres, sur place le samedi matin. “L’idée c’était de pouvoir manger les légumes de notre terre, mais surtout de faire vivre la ruralité par l’économie.”

Ce sont les personnes que tu rencontres qui te font avancer, qui te donnent des idées ! Je me nourris de ce que m’apportent les gens.

Jean-Louis Vacher

Après le tourisme et l’agriculture, en 2013 c’est au tour de la culture de trouver sa place à La Motte Aubert, avec la transformation d’une ancienne grange en lieu de résidence d’artistes et salle de spectacle pouvant accueillir 300 personnes debout. Jusqu’à cette année, La Compagnie Autour de Peter gérait la salle et la programmation. Désormais le projet artistique est porté par la toute jeune association A la motte, qui développe plus globalement un tiers-lieu avec café associatif pour continuer de créer du lien, et espace de coworking pour répondre aux besoins de parents d’élèves qui déposent tous les jours leurs enfants à l’école L’envol, elle-aussi implantée sur le site.

Interview de Solène Varoquaux, membre du collège solidaire de l’association A la motte :

“Ecole rêvée”

En effet, une école d’inspiration Montessori-Freinet a déménagé dans un des gîtes de La Motte Aubert en 2018, après avoir fonctionné cinq ans dans la commune de Vandré à 15 km. Encore une histoire de rencontre, cette fois avec Cécile Crottereau, directrice de L’envol, qui a trouvé dans ce lieu le site idéal pour son “école rêvée”, ouverte à la nature. “Quand j’ai pensé cette école, je l’imaginais dans un lieu où l’on trouverait différents corps de métiers, différentes tranches d’âge, différents projets, une salle de spectacle, une ferme, une association… afin que les enfants aient à puiser dans ce terreau.” Quand des artistes viennent en résidence, ils prennent le temps de partager leur vécu avec les enfants, les invitent à des répétitions, expliquent le fonctionnement d’un spectacle, de l’éclairage à la mise en scène. Lorsque des séances de cuisine sont organisées, les élèves vont chercher les légumes chez le maraîcher qui leur explique comment ceux-ci sont cultivés. “Ça n’est pas une école créée en opposition à l’Education Nationale, souligne Cécile Crottereau. Juste une autre façon de faire et de concevoir l’éducation.” L’envol est un acteur à part entière du projet global de la Motte Aubert. Sa directrice est d’ailleurs membre de l’association qui porte le tiers-lieu.

La Motte Aubert, un immense terrain de jeu et d’apprentissage

Rédaction : Hélène Bannier
Photo : Annabelle Avril

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