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Eclowtech réinvente l’eau chaude

par | 27 mars 2019

eclowtech energie renouvelable


C’est l’inauguration d’Eclowtech ce 6 avril. Comme son nom l’indique cette nouvelle société coopérative, fondée par trois anciens étudiants de l’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Poitiers (ENSIP), est spécialisée dans les low technologies. Douches solaires thermiques, panneaux solaires thermiques à air, machine à laver à pédales… tous les équipements conçus par Eclowtech fonctionnent à l’énergie renouvelable et sont fabriqués à partir de matériaux de récupération. Rencontre dans leur atelier à la K7 à Poitiers.


Des technologies sans empreinte carbone

Eclowtech
L’énergie solaire au service des low technologies

Rafael Dos Santos, Francois Courtois et Florent Carmelet-Rescan y pensaient déjà lorsqu’ils étaient étudiants à l’ENSIP : monter une entreprise coopérative à gouvernance horizontale tout en développant une activité professionnelle vertueuse pour la planète. C’est ainsi qu’ils ont créé leur entreprise de conception et de production de low technologies, autrement dit de “techniques simples et accessibles qui n’ont pas d’empreinte carbone” explique Rafael Dos Santos. Tous les équipements fonctionnent à l’énergie renouvelable et sont fabriqués à partir de matériaux de récupération. “Nous avons commencé par prototyper des douches solaires thermiques, en mélangeant deux principes : les panneaux solaires thermiques et les concentrateurs solaires. Pour ces douches on récupère du bois, du plexi, de l’isolant. On récupère aussi d’anciens chauffe-eau, ils sont souvent jetés dès que la résistance ne fonctionne plus, mais nous ce qui nous intéresse c’est uniquement le contenant.” Eclowtech a ensuite travaillé sur la fabrication de panneaux solaires thermiques à air, conçus avec d’anciens encadrements de fenêtres, tuyaux et tuiles, mis à disposition par des artisans locaux et
destinés à être jetés. Et pour les plus sportifs, les ingénieurs ont créé la machine à laver à pédales, toujours avec des déchets transformés en matière première selon le principe de l’économie circulaire. Comment ça marche ? Le moteur électrique est remplacé par un vélo, on pédale 15 minutes pour le lavage, deux fois cinq minutes pour le rinçage puis dix minutes pour l’essorage. “Pour le moment l’essorage n’est pas encore optimal parce que ce n’est pas évident d’atteindre les 900 tours/minute, mais le linge qui sort est propre !

Douches, fours et panneaux solaires thermiques, machines à laver à pédales, lave-vaisselle sans électricité… Avec Vivant la radio, visite de l’atelier d’Eclowetch pour comprendre le fonctionnement de ces équipements low technology.

Des équipements pour des festivals, événements sportifs et associations

Parmi les perspectives économiques d’Eclowtech il y a la location de leurs équipements à des festivals et autres événements plein air où l’accès à l’électricité peut parfois être difficile, ou qui veulent tout simplement limiter leur impact environnemental. Ils ont loué des douches solaires thermiques au festival Terres du Son, à côté de Tours, l’été dernier. Ils ont également équipé le Colour Run à Niort, “la course de 5 kilomètres la plus colorée du monde”. Actuellement l’entreprise prototype le Recycl’O, un lave-vaisselle fonctionnant sans électricité (plus d’infos sur Vivant la radio). La limitation des assiettes et couverts jetables sur les festivals implique de penser différemment la gestion de la vaisselle sur les événements. Et pour ne pas jeter, il faut laver ! Recycl’O offrira un système de lavage de grande capacité. “Il pourra laver la vaisselle de 200 personnes par heure”, précise François Courtois. Parallèlement à la location, Eclowtech développe la vente. La Ch’tite Maison Solidaire à Lille leur a déjà acheté une douche solaire thermique. La philosophie de cette association c’est le partage du surconfort : des personnes louent leur maison ou appartement sur Airbnb et l’argent généré est reversé à l’association, qui lutte contre le mal-logement dans les bidonvilles de la métropole, pour les migrants, les Roms et tous les sans-abri. En 2019 la collaboration entre Eclowtech et La Ch’tite Maison Solidaire continue. L’association lilloise a reçu 200 000 euros dans le cadre des budgets participatifs de la ville, ils serviront à la création de neuf tiny houses. “Nous, on va s’occuper des installations technologiques : capteurs solaires pour chauffe-eau, fours solaires, machines à laver à pédales, poêle de masse, explique François Courtois. Nous prototypons les équipements pour qu’ils soient adaptés à des petits habitats. Les cinq premiers logements vont être créés en 2019.” S’il existe plusieurs associations qui développent et démocratisent les low technologies, Eclowtech est la seule entreprise en France à travailler spécifiquement dans ce domaine.

Les douches solaires thermiques sont construites en bois de palettes

Avoir 26 ans et faire le choix de la sobriété

A l’école d’ingénieurs, Rafael Dos Santos s’était spécialisé en “maîtrise de l’énergie électrique”, François Courtois en “énergétique industrielle” et Florent Carmelet-Rescan en “éclairage acoustique et thermique”. Une fois leur diplôme en poche, ils se sont aussitôt fixé l’objectif de création de leur société, quand d’autres étudiants de leurs différentes promos devenaient conducteurs de travaux, ingénieurs éoliens, chargés d’affaires, ou travaillaient dans la maintenance industrielle de grosses entreprises. “On a choisi de le faire maintenant, car on se disait que si on commençait par s’installer dans un emploi plus classique et plus rémunérateur, ça serait plus dur ensuite de quitter un certain confort pour monter notre projet” confie Rafael Dos Santos. Plus que de gagner de gros salaires, l’intention des trois associés c’est d’être heureux au travail, “puisqu’on y passe tout de même un tiers de notre temps.” Après avoir été accueillie par l’entreprise de toilettes sèches Toilettes&co à Saint-Georges-Les-Baillargeaux, Eclowtech a emménagé début mars à la K7 à Poitiers, un lieu dédié à l’échange, au partage, au développement durable et à la culture. Les entrepreneurs y partagent un atelier avec l’association PalettÔlogis.


Rédaction : Hélène Bannier
Photo : Annabelle Avril

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