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POP : lancement d’un incubateur de projets à fort impact environnemental et social en ex-Poitou-Charentes

par | 30 mars 2020


Envie (plus que jamais) de concrétiser une idée professionnelle porteuse de sens pour la planète, la société et le territoire ? France Active Poitou-Charentes et l’Association Territoires et Innovation Sociale (ATIS) viennent de créer le dispositif POP. Destiné aux porteurs de projets en Charente-Maritime, Charente, Vienne et Deux-Sèvres, celui-ci propose notamment un incubateur pour accompagner l’émergence et le lancement d’activités à fort impact environnemental et social. Dix projets seront sélectionnés. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 3 mai 2020. Interview d’Elise Depecker, directrice d’ATIS.


Quelles sont les différentes formes d’accompagnement proposées par le dispositif POP ?

Portrait de confinement : capture d’écran

Nous avons souhaité proposer trois niveaux d’accompagnement : POP départ qui est une offre de pré-incubation pour des porteurs de projets se posant la question de la pertinence de leur idée. Il s’agit d’un parcours collectif de trois mois maximum, pour structurer son idée et son plan d’actions. Ensuite, nous avons créé une offre d’incubation de 12 mois, POP incub, pour des entrepreneurs et porteurs de projets qui sont prêts à engager un accompagnement à la structuration de leur initiative, de son modèle économique, jusqu’à son démarrage. Les projets doivent avoir un objectif d’utilité sociale, voire d’innovation sociale, et apporter une réponse nouvelle à une problématique sociale et environnementale mal couverte sur le territoire. Et ils doivent avoir une ambition de création de deux ou trois emplois à moyen terme. Enfin, nous avons une offre de “Fabrique à Initiatives” qui propose une démarche inversée : au lieu de partir de l’entrepreneur ou porteur de projet, on part du territoire et de l’observation des besoins insatisfaits. Des acteurs territoriaux (collectifs citoyens, municipalité, hôpital etc.) vont venir nous voir pour présenter un besoin, et ensemble nous allons inventer une solution et vérifier sa pertinence. Si tel est le cas, après une phase d’étude d’opportunité, nous allons identifier l’entrepreneur ou la structure qui pourra porter le projet, le lui transférer et l’accompagner jusqu’au lancement de l’activité.

En quoi va consister l’accompagnement des dix projets qui bénéficieront de POP incub ?

Pendant les 12 mois d’accompagnement, chaque projet sélectionné aura un référent, salarié d’ATIS ou de France Active, qui va l’accompagner avec des rendez-vous individuels d’½ journée par mois. Parallèlement, des ateliers collectifs et une dizaine de formations permettront aux équipes de monter en compétence, de travailler l’offre de service, l’inscription dans un écosystème, le modèle économique mais aussi la gouvernance, autrement dit la détermination de la meilleure forme juridique pour l’activité. Les porteurs de projets bénéficieront aussi de l’ouverture à un réseau de partenaires experts et de l’intégration à une communauté d’entrepreneurs engagés. Au fur et à mesure nous intégrerons aussi les participants à POP départ.

Quels types de projets pourrions-nous imaginer au sein de cet incubateur ?

On peut imaginer des projets dans le champ de l’économie circulaire. Il existe aujourd’hui de nombreuses ressourceries généralistes, mais on peut envisager des actions liées au réemploi dans des champs nouveaux, comme par exemple le recyclage des jouets. Nous allons probablement trouver beaucoup de projets liés à l’alimentation et à l’agriculture. Dans le contexte sanitaire actuel nous voyons bien que ces questions de se nourrir en circuit court, avec des produits sains, de qualité, sont des vrais sujets. Cela va naturellement se décliner dans les territoires ruraux, mais on peut aussi imaginer des projets autour de l’alimentation dans des territoires plus denses et plus fragiles comme les quartiers politique de la ville, pour permettre à tous d’avoir aussi accès à des produits locaux, de qualité, et qui ne soient pas à des prix exorbitants. Un autre sujet qui risque d’être particulièrement révélé par la situation que nous vivons actuellement, c’est le champ du “bien vieillir”. On se pose de plus en plus la question de l’habitat, du “comment vivre de plus en plus longtemps sans vivre isolé”. Cela peut être des modes d’habitats partagés, qui permettent de vieillir en milieu rural sans aller directement à la case Ehpad.

Vous évoquez la situation sociale et sanitaire exceptionnelle que nous vivons actuellement en raison de l’épidémie de Covid-19. Voyez-vous ce contexte de crise comme un frein ou au contraire comme un moteur à l’émergence de nouveaux projets ?

Il est vrai qu’avec France Active, nous nous sommes questionnés sur le maintien ou le report du lancement de l’incubateur. Nous avons finalement décidé de laisser plus de temps pour candidater et de ne pas arrêter nos activités parce que pour nous, faire savoir qu’un accompagnement est possible pour les douze prochains mois, c’est une manière de donner un signal positif pour la construction de “l’après-Covid”, pour le développement d’une économie de proximité, créatrice d’emplois, la fameuse “économie réelle” dont on entend beaucoup parler en ce moment. Ça nous paraît important de maintenir cette opportunité de structurer de nouveaux projets, qui se lanceront dans un an. Après, on espère évidemment que ceux qui ont des idées n’aient pas de réticence à candidater parce qu’ils sont plus inquiets sur leur situation. Néanmoins, j’ai discuté avec des personnes qui ont le même type de postes que moi et on constate que même si les séances d’information ont lieu au téléphone ou en ligne, il y a du monde ! Effectivement la situation actuelle peut accélérer la réflexion d’un projet.

Le dispositif POP concerne les quatre départements de l’ex-Poitou-Charentes. C’est un territoire qui a particulièrement besoin d’un soutien à l’émergence de projets ?

Chez ATIS, historiquement nous sommes des acteurs de l’ancienne Aquitaine, mais avec la création de la grande région nous avons eu l’occasion de travailler avec les acteurs picto-charentais comme France Active, la Chambre Régionale d’Economie Sociale et Solidaire, l’URSCOP, les réseaux d’insertion par l’activité économique, et d’autres acteurs territoriaux qui faisaient le constat qu’il manquait ce maillon sur le territoire. Pour s’assurer qu’il y avait réellement ce besoin et construire l’offre la plus adaptée, nous avons mené pendant neuf mois une étude-action. L’offre “POP départ” par exemple, nous l’avons testée en Charente et Charente-Maritime et nous avons pu constater la demande, l’appétence de porteurs de projets. Par ailleurs, France Active Poitou-Charentes est un financeur de structures de l’Économie Sociale et Solidaire. Il est donc important pour eux qu’il existe un outil d’accompagnement permettant aux jeunes entreprises sociales de construire un modèle économique pérenne. Pour France Active c’est ensuite plus facile d’investir dans ces projets-là.

Pour en savoir plus : www.pop-incub.org


Propos recueillis par Hélène Bannier
Photo : Annabelle Avril

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