Dans la Vienne, les deux immenses cheminées de la centrale nucléaire de Civaux dominent le paysage depuis plus de vingt ans. À quarante kilomètres de Poitiers, la centrale fournit près de la moitié de l’électricité de la région.
Depuis juillet 2025, Civaux teste pour l’armée française le dispositif TRIDENT. Il s’agit d’un programme de transformation industrielle d’énergie nucléaire. L’un des deux réacteurs de la centrale nucléaire a commencé à produire du tritium dans le cadre d’une phase expérimentale. Cette forme radioactive de l’hydrogène est nécessaire à la fabrication et au fonctionnement de la bombe nucléaire. Si les essais sont concluants, Civaux pourrait devenir un nouveau maillon de la dissuasion nucléaire française.
Selon EDF, l’exploitant de la centrale, cette activité n’aura pas d’impact sur l’environnement ni sur la production d’électricité. Mais d’un autre côté, des associations et des citoyen·nes s’interrogent sur les conséquences pour les eaux de la Vienne, dont la centrale dépend pour son refroidissement. Quel impact sur la qualité de l’eau potable et sur le débit d’une rivière déjà faible?
Pour répondre à ces questions, rencontre avec Julien Syren, ingénieur géologue et co-directeur de la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité).
Interview : Naomie Gazeau
Photo haut de page : Hélène Bannier / Portrait : DR

