La Ligue contre le cancer de Charente-Maritime s’apprête à publier une étude révélant trois nouveaux foyers de cancers pédiatriques à Saint-Vivien, l’Houmeau (agglomération de La Rochelle) et dans des communes à l’ouest de Saintes. Ils s’ajoutent à celui déjà identifié à Saint-Rogatien depuis 2017. Cette étude a été menée par le registre général des cancers de Poitou-Charentes qui a analysé les données recueillies entre 2008 et 2022 pour détecter les communes à risque.
Dans l’agglomération de La Rochelle, l’association Avenir Santé Environnement se mobilise depuis 2018 pour que l’Etat se saisisse de la question, prenne des mesures et applique un principe de précaution pour restreindre l’utilisation de pesticides.
« C’est un véritable coup de massue ! Nous sommes tristes pour les familles, en colère contre l’ARS (Agence Régionale de Santé, ndlr) et Santé Publique France qui en matière de prévention et de recherche en santé environnementale ne font strictement rien sur notre territoire, a réagi Franck Rinchet-Girollet, porte-parole de l’association, à l’annonce des résultats de cette nouvelle étude. A quand l’application du principe de précaution pour les molécules cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques et neurotoxiques retrouvées dans l’environnement, à quand la prise en compte de l’effet cocktail et de la toxicité chronique de ces molécules sur la santé humaine ? Heureusement que La Ligue contre le cancer finance ces études épidémiologiques, que la CDA finance des études sur la qualité de l’air, et que les associations s’emparent du sujet ! Mais où est l’Etat ? Il est grand temps de mettre en place un registre national actualisé des cancers qui puisse servir d’outil d’alerte pour les médecins et chercheurs.”
En 2024, Avenir Santé Environnement a fait analyser des prélèvements capillaires et urinaires de 72 enfants de six communes de l’agglomération de La Rochelle. Les analyses ont révélé la présence de plusieurs pesticides, dont certains interdits depuis plusieurs années. Dans ce contexte, le préfet de Charente-Maritime Brice Blondel a sollicité une commission nationale du débat public qui a auditionné une quarantaine de parties-prenantes (élu.es, agriculteur.ices, associations). Une réunion de restitution doit être organisée dans les prochaines semaines.
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