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Dans l’Œil du Silo : de la coopérative agricole à la coopérative culturelle

par | 24 janvier 2020


C’est devenu un lieu incontournable de la vie culturelle alternative à Saintes. Installé dans une ancienne coopérative agricole de stockage en friche, Dans l’Œil du Silo, porté par l’association du même nom, se définit comme un “espace intermédiaire” ouvert aux créatifs et à l’écosystème associatif local. Photo-reportage dans ce lieu atypique de 28 m de haut, 5 étages et 1500 m² de surface en cours de réhabilitation.


Une ancienne coopérative agricole à réinventer

Construite en 1937, la coopérative agricole de stockage était la propriété du groupe Océalia, basé à Cognac. Au début des années 2010, Océalia met fin à l’exploitation du site. Que faire de ce bâtiment inoccupé, le détruire ? Impossible, la coopérative se trouve dans une zone de protection patrimoniale. Le vendre ? Pas intéressant pour des promoteurs. Au fil des années le lieu s’est transformé en friche fréquentée par des tagueurs et jeunes en recherche d’adrénaline… Un terrain de jeu dangereux.

Le rêve pour un architecte

Un endroit comme ça dans une ville on en rêve, pour l’ouvrir à la culture et aux gens créatifs” explique Paul Mc Mahon, l’un des cofondateurs de Dans l’Œil du Silo avec Carole Alopeau. Au départ nous étions une dizaine de personnes à chercher un lieu où organiser des concerts. On connaissait le bâtiment et il était évident qu’il y avait quelque chose à exploiter. Océalia nous a largement facilité les choses pour nous permettre d’en faire l’acquisition. On a signé le bail achat-vente en juillet 2017”.

Après des mois de défrichage, de nettoyage et de travaux de mise aux normes incendie, Dans l’Œil du Silo obtient l’autorisation d’ouvrir en août 2018. Des chantiers participatifs sont encore régulièrement organisés en partenariat avec l’association Big Up 17 de Saint-Sauvant.

Paul Mc Mahon est architecte. Originaire de Dublin, il est installé à Saintes depuis 18 ans. Pour lui comme pour les autres porteurs du projet, il était évident que dans le travail de mutation du Silo en lieu dédié à la culture, il fallait garder la mémoire du lieu.

Un lieu de culture complémentaire à Saintes

La première zone aménagée dans l’ancienne coopérative est un espace de 200 m² au rez-de-chaussée qui accueille aujourd’hui un bar, ouvert à l’occasion des événements sur le site. L’objectif à moyen terme est de le faire vivre quatre soirs par semaine.

C’est aussi l’espace pour les concerts, programmés par le Silo lui-même ou par d’autres associations à qui le lieu est mis à disposition. La jauge est de 250 places. Dub, techno, reggae, folk, électro, scènes ouvertes… l’idée est d’être le plus ouvert possible et de venir en complémentarité de la proposition culturelle saintaise, plus institutionnelle. “Nous ne voulons pas en faire une cathédrale de culture” souligne Paul Mc Mahon.

« Le lieu est fait pour être partagé, c’est l’essence même du projet »…

… et c’est tout naturellement qu’une bibliothèque partagée a trouvé sa place dans l’espace bar-salle de spectacles et d’expositions. Chacun peut prendre et laisser un peu de lecture.

Salariés et bénévoles

Actuellement Dans l’Œil du Silo compte deux salariées à mi-temps : Juliette (photo), en charge de l’administratif et Carole qui s’occupe du bar, de la logistique, et qui est en quelque sorte le couteau suisse du lieu. L’association c’est aussi plus de 180 adhérents et une trentaine de bénévoles actifs engagés dans les différentes commissions qui pilotent le projet : programmation musique, arts visuels, bar et restauration, communication, événementiel, aménagement extérieur, financement.

De potentiels ateliers pour tous les créatifs

À plus long terme, l’objectif est de transformer les étages supérieurs du Silo en ateliers pour les artistes et artisans en recherche de lieu de création et de production. Isabelle Lucas, créatrice de La petite mousse d´Iza, n’a pas attendu l’ouverture de ces nouveaux espaces pour installer son laboratoire de saponification sur le site. Un mobil home sur le parking fait le job !

Un lieu mis à disposition du tissu associatif local

AIDES, Saintonge Durable, Les Enchanteuses, Citoyens pour le climat… de nombreuses associations programment des événements sur le site. Pour sa part, l’association l’Autre Marché y organise un rendez-vous mensuel regroupant des paysans-producteurs, artisans et créateurs locaux engagés dans une démarche éthique et environnementale. Il est à l’initiative de La petite mousse d’Iza et de l’entreprise Ô Folles Herbes, spécialisée dans la production et la transformation de plantes aromatiques et médicinales biologiques, à Ecurat près de Saintes.

Amélie Bertrand et Mylène Ibarra, fondatrices de Ô Folles Herbes et à l’initiative de l’Autre Marché.

Les projets en 2020

Un des objectifs de 2020 est de réhabiliter la seconde salle du rez-de-chaussée, d’une superficie de 200 m², pour la transformer dans un premier temps en espace polyvalent, puis en lieu dédié aux expositions et aux résidences d’artistes.

Une ancienne bétaillère installée sur le site va être transformée en food truck fixe. Il servira de cuisine de formation où des porteurs de projets pourront tester leur concept et leur modèle économique avant de se lancer, mais aussi bénéficier d’un accompagnement sur les questions de normes d’hygiène et sécurité.

L’association a également l’intention « d’amplifier le vert« , explique Juliette. L’idée est de rendre les espaces extérieurs du Silo plus conviviaux et familiaux. Le collectif Incroyables Comestibles à Saintes y a déjà créé deux buttes de permaculture et un espace pour les fruitiers.


Rédaction : Hélène Bannier
Photo : Annabelle Avril
Photo jardin : Incroyables Comestibles

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